Auteur : Georges Brassens
Date : 1952
Source d’inspiration : Le « tube » de Tonton
Genre : Impertinence littéraire

Georges Brassens

(revisité)

(Avec nos excuses à tonton Georges)

Mais par malheur, si le gorille
Aux jeux de l’amour vaut son prix
On sait qu’en revanche il ne brille
Ni par le goût, ni par l’esprit
Lors au lieu d’opter pour la vieille
Comme l’aurait fait n’importe qui
Il saisit le juge à l’oreille
Et l’entraîna dans un maquis

« Suite délectable » 

AJOUT

Las, le juge au moment suprême
Cria « Maman », pleura beaucoup
Comme l’homme auquel le jour-même
Il avait fait trancher le cou
L’histoire était-elle « narrable »
J’ai dit que non pendant longtemps
Une décision contestable
Que je corrige maintenant.

Voici le captif qui s’échappe
Plaquant sa toge sur son séant
Le gorille qui le rattrape
Le prend au col en rugissant
Ainsi maîtrisé le fuyard
Tenu serré, gigote fort
Gambille et rue dans les brancards
Tentant d’échapper à son sort

Il est des drôles qui se prêtent
À se faire empaler gaîment
Pas notre juge qui s’entête
À protéger son fondement
Pressé d’en finir le primate
Bandé d’aplomb et furibond
Met sa victime à quatre pattes
Et saute sur son dos d’un bond

Brutal, il déchire la robe
Du bonnet carré qu’il empale
D’un coup de son énorme zob
En lui défonçant le trou d’balle
Le magistrat ainsi cloué
Sous le gorille en mouvement
Tout son prestige bafoué
S’agite, crie, pleure maman.

Avocat, flic, maton ou prêtre
S’il résiste à l’intromission
L’indocile que l’on pénètre
Risque d’avoir mal à l’oignon
D’autant, la chose est entendue
Que mon singe était obsédé
Et que ce jour-là, distendu
Il ne pouvait plus débander

Comme une lice qui copule
Et qui à son mâle est nouée
Le substitut pris par le cul
Est resté longtemps embroché
Après un dernier coup sublime
L’agresseur s’endort pour de bon
Sur le croupion de sa victime
Qui peut enfin fuir le gibbon

Las, besogné par la mentule
Du quadrumane en érection,
L’enculé chopa une fistule
Qui depuis lui meurtrit le fion
Quand ce juge aujourd’hui les tance
Debout et raide à son fauteuil
Putes, escrocs, gibiers de potence
Rigolent et se font des clins d’œil

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