Intentions du pasticheur

Une fois n’est pas coutume, nous voici devenant moralisateur. 

C’est qu’il nous semble pousser un peu, l’ami Charles, dans sa chanson, Trousse-Chemise, où il décrit, excusez du peu, le viol d’une mineure.  

Un créateur a tous les droits, certes, mais cette chanson nous laisse vraiment perplexe.  Déjà que le violeur, comme bien d’autres, accuse sa victime d’avoir provoqué ce qui lui arrive (« La mer était verte, tu l’étais un peu ») mais en plus, aucune compassion n’est exprimée pour la jeune femme agressée.  Pire, l’outrage est qualifié de « bêtise », l’assaut proprement dit « d’élan suprême », l’intention coupable minimisée à la volonté « d’aimer son prochain ».  

De la bouillie pour les chats, non ?  Plus grave encore, Qui semble-t-on plaindre et absoudre en conclusion de l’histoire, le garçon « trop sage » (?), au cœur « en prison ».  Et là, nous décrochons.  Tu parles, Charles !  Non mais, quelle goujaterie !

La paillardise qui est notre lot et champ d’action n’interdit pas de petites gênes.  Nous avons pris plaisir à policer le jeune bouc et l’imaginer un brin plus repentant et moins fier de son coup..

Trousse‐chemise

(Sans sentir le besoin de nous excuser auprès de feux les auteurs)

Dans le petit bois de Trousse chemise
J’ai perdu mon âme, souviens toi nous deux
Dans le petit bois de Trousse chemise
J’ai brulé l’espoir d’être un jour heureux

On était parti pour Trousse chemise
Guettés par les vieilles derrière leurs volets
On était parti la fleur à l’oreille
Avec deux bouteilles de vrai muscadet

On s’était baigné à Trousse chemise
La plage déserte était à nous deux
On s’était baigné à la découverte
La mer était verte, tu l’étais un peu

Tu étais si belle, à Trousse-Chemise
Amoureux fou, j’ai voulu t’embrasser
Tu as résisté, j’ai perdu la tête
Un baiser soudain n’était plus assez.

Et j’ai renversé à Trousse chemise
Malgré tes prières à corps défendant
Et j’ai renversé le vin de nos verres
Ta robe légère et tes dix-sept ans

Quand on est rentré de Trousse chemise
La mer était grise, tu ne l’étais plus
Quand on est rentrét’as fait ta valise
Partie sans adieu, t’es jamais revenue.

On coupe le bois à Trousse chemise
J’y vais marcher seul aux mortes saisons
Ton souvenir m’est devenu hantise
Comment espérer un jour ton pardon